L’essor artistique sous la Dynastie Song : une révolution dans la calligraphie et la peinture en Chine

Table des matières

L’effondrement de l’ère Tang a marqué le début d’une époque tourmentée. Celle-ci est caractérisée par une scission territoriale entre le nord, sous la coupe des Cinq Dynasties, et le sud, morcelé entre les Dix Royaumes. Au sein de cette fragmentation, un leader militaire des Zhou s’impose et jette les fondements de la dynastie Song. Cette lignée dominera l’empire chinois du milieu du Xe siècle jusqu’à la fin du XIIIe siècle.

Le règne des Song se divise en deux chapitres distincts : initialement dans le nord avec Bianjing comme capitale, ils connaissent une prospérité considérable avant que des envahisseurs ne les contraignent à migrer vers le sud. Là-bas, Lin’an devient leur nouveau centre névralgique et continue de rayonner économiquement et demographiquement malgré ce déplacement forcé.

À cette époque, une classe sociale privilégiée embrasse son rôle mécène envers les arts et la culture. Le soutien aux artistes ainsi que le commerce florissant d’œuvres d’art embellissent encore davantage cet âge d’or culturel chinois.

La reconnaissance des artistes écrivains

Les artistes de l’époque Tang ont jeté les bases, mais c’est sous la période des Song que les peintres érudits ont vraiment pris leur essor.

La poésie et les œuvres littéraires

Durant la période des Song, la culture littéraire atteignit un niveau remarquable avec une affection particulière pour les disciplines telles que la poésie, la calligraphie et la peinture. Ces trois formes artistiques se complétaient harmonieusement et étaient le moyen d’expression privilégié des érudits.

Parmi ceux-ci, Su Shi et Mi Fu se distinguèrent comme figures majeures de cette dynastie chinoise, incarnant l’excellence dans leurs domaines respectifs.

Au-delà de l’art, cette ère fut également marquée par l’émergence d’une littérature riche et variée incluant des ouvrages historiques significatifs et des textes couvrant une large gamme de sujets tels que les sciences, les arts martiaux ou encore l’anthropologie. La curiosité intellectuelle était sans limite chez ces lettrés qui ont contribué à un essor culturel polyvalent.

La diffusion en masse de ces richesses culturelles fut grandement facilitée par le perfectionnement de la xylographie. Cette technique innovante permit à un plus grand nombre d’accéder au savoir inscrit sur les pages gravées du bois. La calligraphie elle-même n’était pas en reste puisque Mi Fu y apporta sa touche personnelle en intégrant divers styles scripturaux.

L’art de la peinture

L’essor des peintures de paysage, initié à l’époque des Tang, prit un envol remarquable avec la dynastie Song. Influencées par le taoïsme qui met en perspective la place de l’homme dans l’univers, ces œuvres ont su conquérir l’admiration des élites. La technique privilégiée était celle utilisant l’encre sur des supports nobles tels que la soie ou le papier.

Typiques de cette période artistique sont les scènes où se dessinent montagnes majestueuses, brumes enveloppantes et cours d’eau sinueux. L’une des figures emblématiques de ce mouvement est Fan Kuan, dont l’œuvre intitulée “Voyageurs parmi les torrents et les montagnes” illustre parfaitement cette approche.

Les nuances entre les expressions artistiques au sein même de la dynastie Song sont palpables. Les toiles du Nord affichent une tendance aux vastes panoramas alors qu’une touche plus personnelle caractérise celles du Sud. Ce glissement stylistique semble être le reflet d’un intérêt croissant pour le néoconfucianisme.

Le sommet de l’art de la porcelaine en Chine

À l’époque des Song, la céramique connut une période dorée, marquée par les chefs-d’œuvre issus de ses célèbres ateliers.

Les fours en céramique de l’époque de la dynastie du Nord

Au nord de la Chine, d’importants ateliers de céramique ont été anéantis lors des invasions tartares du XIIe siècle. Parmi eux, le four de Ru était célèbre pour sa production de grès revêtus d’une glaçure céladon finement fissurée. Un autre site notable, celui de Ding, se distinguait par ses pièces monochromes blancs dotés d’un vernis exceptionnellement délicat et limpide qui rappellent la porcelaine dans leur blancheur pure.

Différant nettement, les ateliers de Jun étaient réputés pour leurs créations en grès présentant une glaçure plus épaisse et douce au toucher. Ces œuvres arboraient fréquemment des nuances profondes allant du bleu au bleu-ciel, souvent rehaussées par des touches pourpres provoquées par l’apparition spontanée de bulles à la surface.

Les vases produits sous la dynastie des Song du Nord sont particulièrement connus pour ces caractéristiques distinctives. Ces objets historiques demeurent un témoignage précieux du riche passé artisanal chinois avant que les événements tumultueux n’entravent leur production.

Les fours en céramique de l’époque de la dynastie du Sud

Après avoir subi une invasion, la dynastie des Song a dû innover dans le domaine de la poterie pour maintenir leur production. De nouveaux types de fours ont été créés pour répondre à cette demande croissante.

Parmi ceux-ci, les fours de Guan se distinguaient par leur capacité à produire des céramiques aux teintes bleu-vert et bleu-gris, recouvertes d’une glaçure particulièrement épaisse. Une autre catégorie notable était celle des céramiques issues du four de Ge, réputées pour leurs craquelures caractéristiques sur une surface lisse et généreuse en glaçure.

Les œuvres les plus remarquables venaient toutefois des fours de Longquan. Leur glaçure céladon éclatante n’a pas manqué d’attirer l’attention des connaisseurs, notamment au Japon où elle est fortement appréciée.

Enfin, il convient de mentionner les fours de Jian, spécialisés dans la confection de bols dédiés à la dégustation du thé. Ces pièces ont traversé les mers pour arriver entre les mains des moines bouddhistes japonais qui s’en sont emparés avec engouement.

L’influence culturelle et artistique que ces différents fours ont eue sur la production céramique reste un témoignage précieux du savoir-faire sous la dynastie Song.

L’expansion des loisirs

Durant la dynastie des Song, on assistait à un épanouissement culturel marqué par de nombreuses animations publiques. À divers moments de l’année, les habitants profitaient d’événements festifs variés tels que pyrotechnies et réceptions somptueuses pour s’amuser et célébrer ensemble.

L’art dramatique

Sous les Song du Nord, à Kaifeng, le théâtre chinois a évolué pour devenir un secteur florissant. Auparavant apparu sous la dynastie des Tang, c’est dans cette ville que l’art dramatique a pris une ampleur commerciale significative. Les infrastructures théâtrales y étaient conséquentes, avec des salles pouvant rassembler une foule de plusieurs milliers d’individus. Cette popularité s’étendait même au-delà des scènes traditionnelles, les troupes se produisant fréquemment dans l’espace public.

Les représentations mélangeaient habilement texte et musique, s’appuyant sur le chinois classique pour narrer leurs histoires. Malgré la grande érudition qui caractérisait les comédiens, souvent comparables en savoir aux fonctionnaires impériaux, leur statut social restait paradoxallement modeste. Ils demeuraient perçus comme étant en marge ou inférieurs aux autres couches de la population.

Célébrations

Dans les cités chinoises, on organisait fréquemment des célébrations pour offrir un moment de relâche aux habitants. Ces événements, d’ordre laïc ou spirituel, étaient l’occasion pour tous de se réunir autour d’animations diverses comme le théâtre et la jonglerie. Parmi les festivités les plus prisées figuraient celles du Nouvel An ainsi que la Fête des lanternes, qui se déroulait le quinzième jour du premier mois selon le calendrier lunaire.

L’invention de la poudre à canon a permis d’enrichir ces traditions avec des feux d’artifice éblouissants, marquant les temps forts de ces jours de liesse.

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Les Tang ont régné sur la Chine de 618 à 907, marquant l’époque d’une prospérité culturelle et économique. Entre 1279 et 1368, les Yuan, sous l’impulsion de Kubilai Khan, petit-fils de Gengis Khan, dominent le pays en apportant leur influence mongole. La période des Ming, s’étirant de 1368 à 1644, est célèbre pour le renforcement du pouvoir centralisé et les grandes explorations maritimes. Enfin, la dynastie des Qing prend la relève jusqu’à l’aube du XXe siècle (1911), finissant par succomber aux pressions internes et externes qui annoncent une ère moderne pour la Chine.

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