Éclat et innovation : l’apogée artistique sous la Dynastie Tang

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Le passé de la Chine est marqué par une série de règnes et d’époques tumultueuses. La transition du néolithique aux ères dominées par des souverains s’est achevée avant notre ère, pour laisser place à un empire chinois gouverné successivement par différentes familles régnantes, rivalisant souvent pour le pouvoir.

C’est au VIIe siècle que la famille Li instaura la dynastie Tang, jouant un rôle clé dans l’unification des territoires chinois alors divisés. L’éclatante capitale Xi’an était le symbole de cette unité retrouvée. À cette époque, les échanges commerciaux avec l’Occident ont été dynamisés grâce à l’essor de la route de la soie.

Durant leur règne, les Tang furent témoins d’avancées significatives comme l’invention de l’impression sur bois. Par ailleurs, le bouddhisme exerça une profonde influence sur la culture locale.

Cette période propice à la paix a favorisé un essor sans précédent des arts en Chine sous le patronage des Tang, inaugurant ainsi un âge d’or culturel remarquable.

La peinture

La peinture s’est épanouie en se focalisant sur le paysage, utilisant la technique de l’encre monochrome pour exprimer sa pleine expression.

Une pratique de méditation

Les informations essentielles sur la peinture durant la dynastie des Tang nous parviennent principalement à travers les vestiges archéologiques, en particulier ceux retrouvés dans les sépultures et mausolées de grande importance. Le site du Qianling, dédié à l’empereur Gaozong, se distingue comme un trésor artistique majeur de cette époque.

La pratique picturale n’était pas seulement l’apanage des artisans spécialisés mais aussi des érudits et hauts responsables de l’administration. Elle s’élevait au rang d’une activité méditative, tout comme la calligraphie ou la poésie, enrichissant ainsi la vie intellectuelle et spirituelle.

Dans ces œuvres anciennes, on remarque une prédilection pour l’utilisation de traits noirs fins qui servent à esquisser les contours élégants des figures représentées. Par ailleurs, le cheval occupe une place prépondérante dans cet art ; symbole de noblesse et compagnon fidèle du souverain, ce dernier faisait régulièrement immortaliser ses montures favorites sous les pinceaux talentueux des peintres de cour.

L’usage de l’encre dans l’art monochrome

La dynastie Tang a marqué l’histoire de l’art chinois, particulièrement dans le domaine du paysagisme. L’influence majeure fut celle de Wang Wei, un artiste innovateur, à qui l’on doit la technique du monochrome à l’encre. Sa maîtrise exceptionnelle des nuances et dégradés a permis d’élever le lavage d’encre à un niveau sans précédent.

À cette époque, les peintures de paysages ne visaient pas tant la reproduction fidèle de la nature que la transmission d’une ambiance, d’un ressenti. Ainsi naquit une nouvelle conception de l’artiste : le peintre-lettré. Ce concept s’épanouira davantage sous la dynastie Song où sa fonction prit tout son sens.

Arts décoratifs

Sous l’ère des Tang, la poterie et la création en métal ont connu des avancées notables.

Sancai et pièces unicolores

Durant la dynastie Tang, l’innovation céramique était florissante. Le huitième siècle vit l’émergence d’une technique distincte de glaçure connue sous le nom de sancai, caractérisée par son trio de couleurs et son émail à base de plomb. Les artisans intégraient délicatement des pigments minéraux à une argile spécifiquement choisie pour sa teinte claire, avant une cuisson méthodique à faible température.

Parmi les trésors de cet art, on trouve notamment un plat à offrande exposé au Musée Guimet à Paris, qui témoigne du raffinement atteint par ces créations.

Vers la seconde moitié du même siècle, un tournant s’amorce avec l’apparition des céramiques monochromes nécessitant des températures bien plus élevées lors de la cuisson. Ces nouvelles pièces sont souvent décrites comme les précurseurs de la porcelaine en raison de leur composition incluant argile blanche et feldspath. Leur robustesse, transparence et finesse conquièrent rapidement admirateurs et collectionneurs.

L’occidentalisation de l’art métallique

Sous la dynastie Tang, un âge d’or pour l’orfèvrerie voit le jour, marqué par une production d’objets en métal d’une qualité exceptionnelle. Ces créations étaient très prisées de l’aristocratie de l’époque et témoignent d’un brassage culturel important avec des influences occidentales et moyen-orientales.

Parmi ces trésors, on trouve des pièces telles que des boîtes à cosmétiques ou encore des coupes ornées qui affluent vers les cours royales. Elles s’enrichissent souvent de motifs animaliers inspirés du monde occidental, ainsi que de délicates gravures florales.

Un exemple remarquable se trouve au Metropolitan Museum of Art à New York : un bol en argent martelé datant de la fin du 7ème siècle début du 8ème siècle. Sous forme d’une fleur de lotus, il incarne le raffinement et l’esthétique sophistiquée qui caractérise cette période.

L’artisanat funéraire : les « ming qi »

Les fouilles archéologiques ont révélé les richesses funéraires datant de la dynastie des Tang, marquées par une abondance d’objets tels que céramiques et bronzes. Les tombes témoignent du raffinement artistique de cette période grâce notamment aux ming qi, des objets symboliques destinés à accompagner les défunts dans l’après-vie.

Ces artefacts étaient souvent façonnés en matériaux modestes comme l’argile ou le bois et prenaient la forme de figures humaines, d’animaux ou reproduisaient des éléments du quotidien pour perpétuer le souvenir des disparus.

Durant cette ère, la technique de céramique sancai, reconnaissable à ses trois couleurs vibrantes, fut particulièrement prisée pour confectionner ces effigies. Celle-ci est considérée comme un emblème du savoir-faire chinois antique en matière de poterie.

L’art bouddhiste

À l’époque des Tang, le bouddhisme s’est imposé comme la croyance centrale. Son influence a engendré un essor notable dans les domaines de la sculpture religieuse et du développement architectural.

Une sculpture marquée par l’Inde

Il est rare de trouver de nos jours des œuvres sculpturales datant de l’époque glorieuse de la dynastie Tang. Ces vestiges, caractérisés par leur fidélité à la réalité, ont été confectionnés dans divers matériaux tels que le bronze, le bois ou encore la pierre. Ils reflètent une évidente inspiration venue d’Inde, notamment grâce aux visages des divinités qui rayonnent d’une tranquillité et d’une tendresse manifestes. Ces sculptures représentent un héritage culturel précieux qui nous renseigne sur les influences artistiques transcontinentales durant cette période historique.

Un style architectural en voie d’extinction

L’histoire du bouddhisme en Chine est riche et complexe. Avant que cette pratique ne soit officiellement désapprouvée par l’autorité impériale en 845, une large construction de lieux de culte bouddhistes avait eu lieu. Sous le règne bienveillant de l’empereur Wendi, actif entre 581 et 604, un effort considérable a été fourni pour ériger des monastères à travers le pays ainsi que pour façonner des statues impressionnantes en bronze doré.

Cependant, la période prospère pour les adeptes du bouddhisme prit un tournant dramatique avec l’avènement de l’empereur Wuzong. En 845, celui-ci manifesta son opposition aux religions non autochtones et choisit d’exalter le taoïsme. Sa politique entraîna la saisie massive des biens appartenant aux communautés bouddhistes ainsi que la démolition systématique de leurs temples.

Malgré cet assaut contre leur existence physique, certains témoignages architecturaux ont survécu à ces attaques. C’est notamment le cas du temple de Nanchan qui date de 782 et représente aujourd’hui le plus ancien édifice en bois encore debout en Chine. Avec lui se trouve également Fuguangsi, figurant parmi les rares structures ayant résisté à travers les siècles depuis cette période médiévale troublée. Ces vestiges continuent d’être une fenêtre précieuse sur un chapitre significatif mais tumultueux dans l’histoire religieuse chinoise.

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L’ère des Song a marqué l’histoire de la Chine entre 960 et 1279, une période foisonnante culturellement et technologiquement. Elle cède sa place à la dynastie des Yuan, fondée par les Mongols en 1279, qui dure jusqu’en 1368, ouvrant le pays sur des horizons plus vastes. Ensuite, les Ming prennent le relais de 1368 à 1644, insufflant un renouveau artistique et consolidant la Grande Muraille. Finalement, jusqu’à l’aube du XXe siècle, les Qing dominent avec une poigne de fer pendant près de trois siècles (1644-1911), étendant leur territoire avant que les vents du changement ne viennent balayer l’ordre impérial établi.

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