Démasquer les secrets d’un vrai bronze : conseils pratiques pour amateurs et collectionneurs

Table des matières

Quelle est la nature du bronze ?

Le bronze, alliage majoritairement formé de cuivre, intègre souvent de l’étain et parfois du zinc, plomb ou argent. Cette combinaison confère à l’objet une durabilité remarquable face à l’usure et aux agressions extérieures telles que la corrosion. Bien qu’une patine puisse se développer avec le temps, un nettoyage approprié permet de raviver son éclat originel.

Parmi les méthodes de façonnage du bronze figure la fonte à la cire perdue, prédominante pour sa précision dans le rendu des détails fins. Les créations en bronze sont variées : elles vont des figures animalières aux bustes soigneusement sculptés par d’éminents artistes tels que Alberto Giacometti ou Hans Arp.

Une œuvre notable est celle de Giacometti intitulée “Femme debout”, qui illustre parfaitement le raffinement et la force expressive que ce matériau peut véhiculer entre les mains d’un sculpteur talentueux.

L’époque glorieuse du bronze

Depuis l’époque antique, le bronze s’est imposé comme un matériau de choix dans la fabrication d’objets variés, allant des ustensiles de la vie quotidienne aux créations artistiques. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à la Renaissance italienne où sa production a connu un essor remarquable. Les adeptes d’art souhaitaient alors acquérir des reproductions d’œuvres antiques.

C’est à cette période que Donatello a marqué l’histoire en réalisant ses premières statues en bronze inspirées par les récits mythologiques, dont une œuvre notable est celle du Condottiere de Gattamelata, située à Padoue.

Le marbre a ensuite pris le dessus sur le bronze pendant le Maniérisme. Mais plus tard, Cellini a ravivé l’intérêt pour ce métal grâce à son penchant pour les références antiques.

En France, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, le bronze devint un élément décoratif privilégié qui magnifiait les meubles avec raffinement. Des artisans tels que Caffieri ou Gouthière ont brillamment contribué à cet élan.

L’arrivée du XIXe siècle vit l’apparition du style Premier Empire où Thomire excellait dans l’utilisation du bronze tant par sa qualité de fonte que par ses finitions minutieuses. Après cette période fastueuse, deux courants distincts se sont distingués dans son usage : le Romantisme, porté par Charles d’Angers et représentations animalières incarnées notamment par la fameuse sculpture “Lion marchant” d’Antoine-Louis Barye.

Aujourd’hui même si son utilisation s’est raréfiée, on continue de retrouver ce matériau noble dans certains domaines spécifiques tels que la confection des cloches ou encore quelques œuvres artistiques contemporaines.

La corrosion du bronze

L’interaction entre le métal et l’oxygène présent dans l’environnement provoque ce qu’on appelle communément une altération de la surface métallique, modifiant ainsi son aspect visuel. Cette transformation est comparable à la formation de rouille sur le fer. Prenons l’exemple du bronze : lorsqu’il s’oxyde, il arbore une nuance caractéristique connue sous le nom de « vert-de-gris ».

Nombre d’artistes sont friands de cette teinte pour conférer à leurs œuvres en bronze un cachet ancien, utilisant alors volontairement des techniques pour obtenir cette patine spécifique. Lorsqu’une statue en bronze se trouve à l’extérieur, sa rencontre avec les éléments lui fait subir inéluctablement ce phénomène d’oxydation. Ce changement est souvent perçu comme inévitable et fait partie intégrante du cycle naturel d’évolution de ces pièces artistiques.

Qu’est-ce qui distingue le bronze du régule ?

À la fin du 19ème siècle, un nouvel alliage a fait son apparition, rendant l’art de la sculpture plus abordable : le régule. Composé essentiellement d’étain et d’antimoine, cet alliage se distingue par sa rentabilité et l’absence de cuivre dans sa composition. Son utilisation ne s’est pas limitée à l’art puisqu’il a également trouvé une application dans la fabrication des munitions.

L’alliage en question a connu une production massive, ce qui explique sa présence fréquente dans les salles de vente. Malgré ses atouts économiques, le régule est reconnu pour sa fragilité comparativement au bronze. De nos jours, il conserve toujours un prix plus attractif que ce dernier.

La statue « La Fontaine », créée par J.Causse, illustre bien cette matière alternative au bronze. Parmi les différences notables avec le bronze figurent la densité et le poids ; le régule étant moins lourd. Certains fabricants ont toutefois tenté de tromper sur ces caractéristiques en ajoutant des métaux plus pesants à leur alliage.

Le temps confère au bronze une patine naturelle qui enrichit son aspect visuel tandis que le régule demeure sans éclat particulier. Cela n’a pas empêché certains artistes ou artisans de peindre le régule afin de lui donner un air similaire à celui du bronze — technique souvent utilisée pour mimer son apparence prestigieuse.

Comment savoir si c’est du bronze ?

Pour identifier si une statue est faite en bronze ou en régule, une méthode consiste à érafler subtilement un coin caché avec un outil métallique. L’apparition d’une couleur dorée signale la présence de bronze, alors qu’une nuance plus claire, presque blanche, révèle du régule.

La distinction peut également s’établir par l’observation minutieuse des détails de l’œuvre. Le bronze se prêtant mieux au travail minutieux, les sculptures en ce matériau affichent souvent une précision et une finesse supérieures dans leur exécution.

En outre, l’oreille exercée peut percevoir la différence entre ces deux matériaux grâce à leur sonorité spécifique lorsqu’on les frappe légèrement; le bronze produira un son particulier, différent de celui du régule.

Comment distinguer le bronze d’autres alliages métalliques

Comment reconnaître le bronze du laiton

Le laiton se distingue par sa légèreté et sa délicatesse comparativement à d’autres métaux. Reconnaissable à sa teinte dorée, il est facilement identifiable. Cependant, lorsqu’il s’oxyde, il revêt une patine verte appelée communément “vert de gris”. Ce phénomène peut prêter à confusion avec le bronze, notamment parce que dans la langue anglaise, “brass” fait souvent référence au bronze plutôt qu’au laiton.

Comment reconnaître le bronze du cuivre

Le cuivre, une fois lustré, dévoile un éclat rouge caractéristique. Cependant, le bronze, bien qu’il soit principalement constitué de cuivre (à hauteur de 80%), arbore une teinte différente : il présente des nuances jaunâtres plutôt que rouges.

Par ailleurs, la malléabilité du cuivre est plus marquée que celle du bronze. Cette propriété permet souvent de les différencier rien qu’en observant leur apparence ou en manipulant des objets confectionnés avec ces matériaux.

Reconnaître un bronze grâce à la signature de l’artiste et au cachet du fondeur

La signature gravée sur un bronze est souvent gage de son authenticité. Pour être qualifiée d’originale, une telle œuvre doit avoir été créée de la main de l’artiste lui-même, de son vivant. Les sculptures réalisées après la mort de l’artiste sont considérées comme des fontes posthumes et n’ont pas le même statut.

Lorsqu’on observe ces pièces d’art, on peut également y déceler le cachet du fondeur. Cette marque est cruciale car elle fournit des informations précieuses sur la provenance et les méthodes utilisées pour la coulée du métal. Les ateliers qui se distinguent par leur savoir-faire, à l’image de la célèbre fonderie Barbedienne ou encore Susse Frères reconnue dans ce domaine, ajoutent à la valeur et à la réputation du bronze.

Il vaut donc mieux connaître les noms des artistes et fondeurs marquants pour apprécier pleinement l’héritage culturel véhiculé par chaque pièce en bronze.

Que signifient les numéros sur une statue en bronze ?

Pour déterminer l’authenticité et la valeur d’un bronze, les numéros inscrits dessus sont des indices cruciaux. Un bronze est jugé original s’il fait partie d’une série limitée à huit exemplaires maximum. Plus le numéro de série se rapproche du premier tirage, plus cela augmente l’intérêt des collectionneurs.

En outre, il existe des éditions spéciales réservées aux artistes eux-mêmes. Ces pièces exceptionnelles portent l’inscription EA, qui signifie “Épreuve d’Artiste”, et leur numérotation utilise les chiffres romains allant de I à IV. Ces versions sont particulièrement prisées dans le monde de l’art pour leur caractère personnel et souvent unique.

À propos de ce sujet :

Le bronze français renvoie à un matériau prisé pour la création artistique, notamment dans le domaine de la sculpture.

Parmi les illustres créateurs travaillant ce métal, on peut mentionner des ateliers et artisans célèbres pour leur savoir-faire.

Les oeuvres en bronze portent souvent l’empreinte de leurs auteurs sous forme de marques distinctives ou de signatures gravées qui attestent de leur authenticité.

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