Découverte du style troubadour et renaissance néo-gothique en architecture et arts décoratifs

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Au XIXe siècle, l’appellation troubadour se référait aux créations artistiques inspirées d’une vision idéalisée du Moyen Âge. Ces productions surgissent durant l’Empire et la Restauration et s’écartent souvent de la vérité historique. Le terme s’est ensuite élargi pour englober toute œuvre empruntant à l’esthétique ou aux motifs du passé médiéval.

Ce courant, parfois nommé néo-gothique, naît d’un désir de rupture avec le classicisme ambiant. Il tire également son inspiration du renouveau gothique britannique et subit l’influence considérable des écrits romantiques, en particulier ceux de Victor Hugo.

Il est crucial de discerner ce style pour ne pas confondre une pièce contemporaine au XIXe siècle avec un artefact authentiquement médiéval.

Naissance d’un style, la redécouverte du Moyen Âge

Au cœur de la Révolution, le peuple français redécouvre avec émerveillement les trésors oubliés de l’époque médiévale. Alexandre Lenoir joue un rôle clé en créant en 1795 le Musée des Monuments Français, exposant ainsi des pièces sauvées des églises saccagées. Imaginées comme d’anciennes salles, ces installations captivent et influencent fortement les artistes de l’époque.

Ces derniers cherchent à se démarquer du néoclassicisme dominant et trouvent une nouvelle inspiration dans les œuvres religieuses après la publication du Génie du Christianisme par Chateaubriand en 1800. Dès lors, le passé chrétien devient une source féconde pour leur créativité.

Le Salon de 1802 marque l’avènement d’un nouveau type de toiles : les peintures troubadours. Croisement entre la peinture d’histoire et la scène domestique, elles représentent non pas les grandes batailles ou couronnements mais plutôt des instants intimes impliquant des figures historiques majeures. Des artistes comme Pierre Révoil ou Fleury Richard excellent dans cet art particulier qu’est l’historicisme et même Ingres s’y adonne avec son tableau célèbre où il immortalise François Ier au chevet de Léonard de Vinci.

Distinguables à première vue des œuvres médiévales tant par leur rareté que par leurs caractéristiques propres, ces peintures troubadours affichent souvent un format réduit racontant une anecdote moralisatrice dans un style théâtral et finement poli. Toutefois, vers 1824, ce genre perd de sa superbe face à l’ascension du romantisme.

En sculpture aussi on observe une influence certaine du Moyen Âge bien que le style ne soit pas explicitement néo-gothique ou troubadour. Les travaux d’Antoine-Louis Barye ou Marie d’Orléans sont teintés de romantisme alors que Félicie de Fauveau fusionne habilement cette esthétique avec celle troubadour dans son œuvre magistrale Paolo et Francesca qui combine marbre sculptural et châsse néo-gothique.

Décors de style gothique moderne

Le mouvement néo-gothique, né au XVIIIe siècle en Angleterre, s’est largement développé à travers l’architecture et les arts décoratifs. Cette tendance a donné naissance à d’imposantes constructions comme l’Abbotsford House en Écosse ou encore des rénovations fantasques sur des bâtiments préexistants en France. On peut citer la chapelle royale de Dreux et le château de Pierrefonds qui illustrent bien cette envie de renouveau gothique.

L’influence du style ne se limite pas aux édifices mais imprègne aussi le mobilier domestique, où les créateurs ont su allier confort moderne et esthétique médiévale revisité. Des éléments gothiques tels que les arcatures ogivales sont incorporés dans des pièces contemporaines sans altérer leur fonctionnalité. Les objets décoratifs deviennent alors porteurs d’une richesse ornementale caractéristique, mêlant blasons, figures mythiques et teintes vives.

Ce renouveau artistique a été diffusé par divers moyens dont les cercles aristocratiques, avec la contribution notable de personnalités comme la duchesse du Berry. Des magasins parisiens ont également popularisé ces designs auprès d’un public plus large.

La période néo-gothique connaîtra son apogée avant de décliner progressivement avec des acteurs tels que Viollet-Le-Duc qui marqueront les derniers feux de ce courant artistique. La distinction entre œuvres médiévales authentiques et travaux néo-gothiques demeure toutefois assez évidente bien qu’il existe certaines copies pouvant prêter à confusion. Dans pareil cas, une expertise minutieuse est recommandée pour authentifier un objet suspecté d’être une imitation.

Artistes susceptibles de vous plaire

Jean-Auguste-Dominique Ingres était un artiste renommé pour ses œuvres picturales. Au panthéon des sculpteurs, on retrouve Antoine-Louis Barye, célèbre pour son art de représenter les animaux avec maestria. Enfin, Jean-Honoré Fragonard s’est distingué par ses peintures captivantes qui racontent l’Histoire avec splendeur et finesse.

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