Les trésors cachés de la Dynastie Qing : une exploration des chefs-d’œuvre artistiques

Table des matières

La dynastie Qing, originaire de Mandchourie, a marqué la fin de l’ère impériale en Chine, s’étendant de 1644 jusqu’en 1911. Parmi ses souverains, trois figures emblématiques se sont particulièrement illustrées : les empereurs Kangxi, Yongzheng et Qianlong. Durant leur règne, l’agriculture et les arts florissaient tandis que le domaine militaire stagnait face à l’avancée européenne.

Cet âge d’or culturel a également vu la création d’un répertoire exhaustif des caractères chinois et un recueil des travaux fondamentaux de la littérature du pays. Parallèlement, une littérature populaire riche et diverse prenait son essor.

Le XIXe siècle fut cependant moins clément pour la dynastie Qing avec le soulèvement des Taiping qui ébranla sérieusement le pouvoir impérial.

Dans les derniers moments de son existence, confrontée à un choix crucial entre poursuivre les réformes au risque de mécontenter l’élite ou encourager la montée révolutionnaire aspirant à abolir le régime impérial, la dynastie déclinait inexorablement vers sa chute historique.

Peinture variée

À l’époque de la dynastie Qing, l’art pictural a connu une belle évolution, se ramifiant en de multiples styles.

Les œuvres picturales de la royauté

Les Mandchous, une ethnie au pouvoir durant la dernière dynastie impériale de Chine, se sont démarqués par leur préférence pour des œuvres d’art vivement colorées. Ces fervents amateurs d’art ont partagé et transmis leur engouement pour le collectionnisme avec les couches supérieures de la société, qu’elles soient originaires de Mandchourie, de Chine ou même de Corée.

Yuan Jiang, un artiste renommé, illustre bien cette période avec son œuvre “Au mont Li pour fuir la chaleur”, réalisée en 1702 et qui est aujourd’hui conservée au Musée de la capitale à Beijing. Il s’agit d’une peinture faite à l’encre et aux couleurs sur soie qui reflète les tendances artistiques de l’époque.

Durant des événements comme la Fête de Qing Ming, qui est une commémoration des défunts très respectée, les Mandchous ont adopté le style traditionnel Song en y apportant leur touche personnelle. Les peintures exécutées dans ce contexte se caractérisaient souvent par leurs nuances bleues et vertes.

Parallèlement à cet héritage culturel local fort, l’influence occidentale a commencé à infiltrer l’art mandchou. Cette ouverture vers des techniques et styles étrangers a contribué à enrichir davantage le paysage artistique sous leur règne.

Peinture originale

Certains moines cultivés se sont écartés du formalisme impérial, qualifiant de marginaux les peintres de leur époque. Parmi eux, Gong Xian s’est servi de ses toiles pour exprimer son mécontentement vis-à-vis des autorités : il a représenté des paysages vides et mélancoliques en jouant sur les contrastes entre lumière et ombre ainsi que sur d’autres effets atmosphériques.

Shitao, quant à lui, a bousculé les codes en introduisant dans ses œuvres des montagnes et rivières aux formes tortueuses. Sa manière de repenser la mise en page traditionnelle était innovante.

Enfin, Zhu Da a minoré l’importance du sujet principal dans ses peintures. En déplaçant l’élément central vers les bords du tableau, il a mis l’accent sur le vide et l’espace libre, créant ainsi une nouvelle dynamique visuelle.

L’art de la peinture dans le domaine du commerce

L’art pictural populaire de l’époque ciblait directement les goûts du marché, se concentrant sur des représentations de la vie courante. Ces œuvres dépeignaient avec ferveur les scènes citadines, les réjouissances liées aux traditions comme celles du Nouvel An, ou encore les moments intimes d’une vie conjugale.

Leng Mei, artiste reconnu de cette période, s’est fait un nom par ses tableaux captivant l’essence de la féminité à travers le portrait de courtisanes. Son talent est palpable dans des pièces telles que “Jolie femme dans un intérieur avec un chien”, datée de 1724 et aujourd’hui conservée au Musée de Tianjin.

Parallèlement à ces sujets plus conventionnels, une vague d’art érotique a déferlé vers la fin de la dynastie Ming. Cette tendance est attribuable à la prolifération des romans érotiques qui stimulait alors l’imagination des artistes et nourrissait leur créativité.

Peintures destinées à l’exportation

Au cours des 18ème et 19ème siècles, la ville de Canton est devenue un centre florissant pour une forme d’art particulière. Des œuvres picturales, mélangeant les influences chinoises avec des éléments typiquement occidentaux, y ont été produites en grand nombre. Ces tableaux se caractérisent par leur aspect fonctionnel plutôt que par l’expression d’une quelconque recherche artistique profonde.

On retrouve dans ces créations une variété de sujets tels que le quotidien paisible avec ses scènes domestiques peuplées de multiples personnages ou encore des représentations plus spécifiques comme celles de ports animés. À côté de cela, on peut également apprécier des portraits soignés ainsi que des paysages captivants.

Parmi ces œuvres notables, celle intitulée “Dames autour d’un bassin” réalisée par Youqua s’impose par exemple comme un témoignage du talent et du savoir-faire unique qui régnaient à Canton durant cette période. Cette huile sur toile trouve aujourd’hui sa place au Musée des Beaux-Arts de La Rochelle où elle continue à intriguer et à ravir les amateurs d’art.

Fabrication de poteries raffinées

Sous l’impulsion des empereurs Kangxi, Yongzheng et Qianlong, les potiers de la période Qing ont affiné leurs méthodes. Ils ont développé des œuvres céramiques aux ornements complexes, repoussant les limites de leur art.

L’ère Kangxi

Sous le règne de l’empereur Kangxi, les prestigieuses manufactures impériales reprirent leur activité en 1662, donnant naissance à des créations qui allaient captiver le monde entier. Les pièces réalisées durant cette période reflètent un soin artistique remarquable et une variété impressionnante.

Les objets d’art en céramique produits sous sa direction étaient très prisés bien au-delà des frontières chinoises. Parmi eux, la « famille verte » se distingue par ses couleurs vives et son raffinement. D’autres collections comprennent des œuvres ornées de bleu poudré rehaussé d’or, une combinaison qui a rencontré un franc succès sur le marché français.

En dehors du rayonnement international, ces objets offraient également une grande diversité de formes pour répondre à différents usages : depuis les élégants vases jusqu’aux plats décoratifs sans oublier les théières et bols. Ils n’étaient pas uniquement fonctionnels mais aussi symboliques, comme en témoignent certains ustensiles destinés aux érudits de l’époque tels que les porte-pinceaux soigneusement façonnés.

Le savoir-faire des artisans s’exprimait également à travers la production sophistiquée issue des fours de Dehua, connue sous le nom de « blanc de Chine ». Cette porcelaine particulièrement fine jouissait déjà d’une belle renommée pour sa pureté et son aspect laiteux.

L’époque Kangxi demeure donc marquée par un essor considérable dans l’art céramique chinois avec ses nombreuses techniques et styles qui continuent jusqu’à aujourd’hui d’intriguer et fasciner collectionneurs et amateurs d’art du monde entier.

L’ère Yongzheng

L’époque de l’Empereur Yongzheng marque un tournant dans l’art de la porcelaine avec l’introduction des teintes roses et blanches. Cette période voit ainsi l’émergence de la célèbre céramique connue sous le nom de « famille rose ». Par ailleurs, bien que ces nouvelles couleurs fassent leur apparition, la production traditionnelle ne s’est pas arrêtée pour autant : les pièces monochromes et les fameuses céramiques bleu sur blanc continuent d’être fabriquées, perpétuant ainsi l’héritage des premiers temps de la dynastie Ming.

Le British Museum détient un exemple remarquable de cette époque artistique avec une flasque ornée d’oiseaux se posant sur des branches en fleurs. Cet objet est représentatif du savoir-faire exceptionnel qui prévalait durant le règne Yongzheng au sein de la dynastie Qing.

L’époque Qianlong

Sous le règne de l’empereur Qianlong, la porcelaine chinoise s’est parée d’un éventail de couleurs plus vives et d’ornements abondants. Cette époque vit la continuité de la production de la célèbre porcelaine “famille rose“, très prisée à cette période.

Les pièces en céramique étaient alors fortement convoitées par les Européens, au point que les nobles commandaient des services complets ornés de leurs blasons familiaux. Ces commandes étaient acheminées essentiellement grâce aux efforts commerciaux entrepris par la Compagnie des Indes orientales.

Le savoir-faire artistique ne se limitait pas uniquement à l’esthétique traditionnelle, puisqu’on a vu apparaître des créations en céramique brillamment imitant d’autres matières comme le bois ou le bambou. Certaines œuvres allaient même jusqu’à reproduire l’apparence raffinée de la laque rouge, témoignant ainsi du niveau exceptionnel d’ingéniosité et de finesse atteint par les artisans sous Qianlong.

Cet engouement pour l’imitation des textures naturelles se reflète notamment dans les collections du Musée de Shanghai, où sont exposées diverses pièces issues du temps du monarque, telles que des aiguières exquisément façonnées durant cette ère prospère de la dynastie Qing.

À propos du sujet :

La civilisation chinoise a été marquée par l’époque prospère des Ming, entre 1368 et 1644, qui ont succédé aux Yuan, au pouvoir de 1279 jusqu’à 1368. Avant les Yuan, c’était la période des Song, de 960 à 1279, connue pour ses avancées culturelles et technologiques. Plus anciennement encore, la dynastie des Tang, du 618 au 907, a jeté les bases d’un âge d’or inoubliable dans l’histoire chinoise.

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